Votre bureau d'architectes dispose de stations récentes, et tous les projets sont centralisés sur un NAS Synology ou QNAP. Pourtant, les mêmes plaintes reviennent : une maquette qui met trois minutes à s'ouvrir, une synchronisation Revit qui bloque, un dossier de chantier qui ne répond plus dès que l'équipe est au complet.

Le réflexe habituel consiste à acheter des postes plus puissants, à ajouter de la RAM ou à remplacer le NAS. C'est parfois la bonne décision. Mais la cause se trouve souvent ailleurs : un antivirus qui verrouille les fichiers Revit, une sauvegarde qui démarre à 9 h, une liaison réseau saturée, un workflow VPN non pris en charge ou une maquette mal structurée.

Dans un bureau d'architectes, l'informatique fait partie de l'outil de production. Un mauvais diagnostic coûte deux fois : le temps perdu par l'équipe, puis l'investissement qui ne résout rien.

L'essentiel en bref

  • La capacité en téraoctets ne dit rien des performances : pour les fichiers BIM actifs, ce sont la latence et les IOPS qui comptent.
  • Un disque dur 7 200 tr/min fournit environ 75 à 150 IOPS aléatoires ; un SSD en fournit des dizaines de milliers.
  • Autodesk a conçu le partage de projet Revit basé sur des fichiers pour un réseau local à très faible latence. Via VPN, ce workflow n'est pas pris en charge et expose à la corruption du modèle central.
  • L'antivirus figure parmi les causes documentées de lenteurs et d'échecs de synchronisation Revit.
  • Depuis Windows 11 24H2, la signature SMB est exigée par défaut : un NAS ancien ou au processeur modeste peut ralentir.
  • La règle d'or : mesurer pendant le symptôme, modifier un paramètre à la fois, puis mesurer à nouveau.

Capacité n'est pas performance : débit, latence et IOPS

Lorsqu'une agence choisit un NAS, elle compare généralement la capacité, le nombre de baies et le prix. Un modèle offrant 40 To utiles semble largement suffisant pour quinze collaborateurs. Mais la capacité ne dit presque rien de la réactivité.

Les données d'une agence sont hétérogènes : maquettes RVT et PLN, plans DWG, exports IFC, nuages de points, textures, rendus, photos de chantier. Certains usages transfèrent de gros fichiers ; d'autres enchaînent de nombreuses petites lectures et écritures, souvent simultanées. Un NAS idéal pour l'archivage peut donc se révéler inadapté au travail quotidien sur des modèles collaboratifs.

IndicateurCe qu'il mesureQuand il compte
Débit (Mo/s)Volume de données transféré par secondeCopie de gros fichiers, rendus, nuages de points
Latence (ms)Délai de réponse à une opérationApplications qui enchaînent des échanges successifs (Revit, BIMcloud)
IOPSOpérations d'entrée-sortie traitées par secondeNombreux petits accès, utilisateurs simultanés

Ces indicateurs s'interprètent ensemble. Un NAS capable de copier un fichier à 500 Mo/s peut rester lent face à une application qui effectue des milliers de petites opérations dépendantes les unes des autres.

Un excellent débit de copie ne garantit pas de bonnes performances applicatives.

HDD, SSD et RAID : ce que disent les ordres de grandeur

Disques durs ou SSD

Un disque mécanique doit déplacer physiquement ses têtes de lecture ; un SSD accède électroniquement aux données. Sur des accès aléatoires, l'écart est considérable.

TechnologieIOPS aléatoires indicatives (par disque)Usage adapté
HDD 7 200 tr/min75 à 150Archives, stockage volumineux
SSD SATAPlusieurs dizaines de milliersProjets actifs, petits accès
SSD NVMePlusieurs centaines de milliersCharges serveur exigeantes

Ce sont des ordres de grandeur, pas des performances garanties sur un NAS : contrôleur, protocole, cache et parallélisme modifient les résultats.

Remplacer tous les disques par des SSD n'est pas nécessaire. Une architecture à deux niveaux est souvent plus rationnelle : un volume SSD pour les projets actifs, des HDD pour les archives, et une sauvegarde sur un support distinct. Avant d'acheter des SSD, vérifiez que les disques sont réellement le goulot d'étranglement et, pour Revit, que le nouvel emplacement reste compatible avec le workflow de partage de projet.

RAID 5, RAID 6 ou RAID 10

Le niveau de RAID influence surtout les écritures. Le modèle simplifié de la « pénalité d'écriture » indique combien d'opérations physiques coûte une petite écriture aléatoire.

RAIDPénalité d'écriture (petites écritures aléatoires)Tolérance aux pannes
RAID 541 disque
RAID 662 disques
RAID 1021 disque par paire miroir

Exemple : huit HDD à environ 100 IOPS chacun offrent, en RAID 6, de l'ordre de (8 × 100) ÷ 6 ≈ 130 IOPS en petites écritures aléatoires. Les mêmes disques en RAID 10 en offriraient environ 400. Ce calcul ignore les caches et le contrôleur, mais il explique pourquoi deux NAS aux disques identiques réagissent si différemment.

Pendant la reconstruction qui suit une panne de disque, les performances baissent nettement, parfois pendant des heures, voire des jours sur des disques de grande capacité. La supervision doit signaler immédiatement tout volume dégradé.

Le RAID n'est pas une sauvegarde. Il ne protège ni contre une suppression, ni contre un ransomware, ni contre une corruption logique ou la perte du NAS lui-même.

Réseau : 1, 2,5 ou 10 GbE ?

Un NAS équipé de huit disques rapides mais relié au commutateur par une seule liaison 1 GbE partage cette liaison entre tous les utilisateurs.

LiaisonDébit théorique maximal
1 GbE125 Mo/s
2,5 GbE312,5 Mo/s
5 GbE625 Mo/s
10 GbE1 250 Mo/s

Ces plafonds sont théoriques : en pratique, une liaison 1 GbE plafonne autour de 110 à 118 Mo/s en SMB. Dans une agence de vingt personnes, elle sature vite dès que plusieurs collaborateurs ouvrent de gros projets en même temps.

Inutile pour autant de passer toute l'agence en 10 GbE. Une architecture courante et efficace combine des postes en 1 ou 2,5 GbE et une liaison 10 GbE entre le NAS et le commutateur principal.

Deux limites à garder en tête :

  • Si les disques du NAS sont déjà saturés, davantage de bande passante ne changera rien.
  • Débit et latence sont deux choses différentes : une fibre à 10 Gbit/s à domicile reste incompatible avec le partage de projet Revit basé sur des fichiers.

Mesurez l'utilisation réelle des interfaces pendant les périodes chargées avant d'investir.

Revit et NAS : ce qu'Autodesk dit vraiment

Revit n'ouvre pas simplement un fichier. En partage de projet basé sur des fichiers (file-based worksharing), chaque collaborateur travaille sur une copie locale qui échange en permanence des données avec le modèle central, même en dehors des synchronisations. Le stockage doit donc répondre vite et se comporter exactement comme un serveur de fichiers Windows.

Un NAS doit émuler parfaitement Windows

Autodesk indique que Revit est conçu pour Windows et son système de fichiers. Une solution de stockage tierce fonctionne si elle émule correctement les protocoles réseau Windows ; si elle n'y parvient pas, la responsabilité incombe à son fabricant. Avant tout investissement, Autodesk recommande de vérifier auprès du fabricant la prise en charge complète de SMB et le support proposé en cas de problème entre SMB et l'application.

En pratique, un Synology ou un QNAP peut héberger un modèle central, sans garantie. En cas d'erreurs de synchronisation ou de lenteurs, une comparaison avec un serveur de fichiers Windows permet d'isoler le NAS.

Autodesk documente aussi une piste concrète en cas d'incompatibilité SMB : passer la fréquence de mise à jour du partage de projet (Worksharing Update Frequency) de 5 secondes, sa valeur par défaut, à Manuel. Les échanges entre postes et serveur diminuent d'autant.

La latence, limite absolue

Selon Autodesk, le partage basé sur des fichiers a été conçu pour un réseau local, avec des latences de l'ordre de 0 à 2 ms. Au-delà, les expirations, échecs d'opérations et corruptions du modèle central deviennent plus probables.

VPN : un workflow non pris en charge

Autodesk qualifie le partage de projet basé sur des fichiers à travers un VPN de workflow non pris en charge, susceptible de corrompre les données lors des synchronisations. Une connexion fibre rapide à domicile n'y change rien : c'est la latence, pas le débit, qui pose problème.

Les alternatives prévues pour le travail à distance

  • Revit Server : partage de projet basé sur un serveur, conçu pour des équipes réparties sur plusieurs sites à travers un WAN. Il communique en TCP et non en SMB.
  • Revit Cloud Worksharing : modèles centraux hébergés dans le cloud Autodesk (Autodesk Docs), généralement via l'abonnement Autodesk BIM Collaborate Pro.
  • Bureau à distance vers une station au bureau : seul l'affichage transite par le VPN, le modèle reste sur le réseau local. À sécuriser (MFA, passerelle) et à valider selon les conditions de licence.

Un NAS peut être excellent pour les documents de l'agence tout en étant inadapté au partage de projet Revit.

Antivirus et EDR : une cause fréquente et sous-estimée

Les antivirus et EDR inspectent les fichiers à l'ouverture, à la modification et à l'enregistrement. C'est indispensable, mais cela peut introduire des délais ou des verrouillages incompatibles avec certaines opérations Revit. Autodesk note même que l'antivirus peut verrouiller des fichiers ou ralentir les transferts au point de simuler un manque de mémoire.

En cas d'échec d'enregistrement ou de synchronisation avec le modèle central, Autodesk demande de vérifier que la sécurité ne bloque pas les types de fichiers suivants :

ExtensionRôle
.rvtProjets et modèle central
.rwsDonnées de partage de projet
.datDonnées associées au modèle central
.slogJournal de synchronisation du modèle central

Autodesk publie aussi une liste plus large d'exclusions possibles : dossiers d'installation, AppData\Local\Autodesk, types .rfa, .rte, .dwg, etc.

Confirmer l'hypothèse

Recherchez une corrélation entre les lenteurs et l'activité de l'agent de sécurité : journaux de l'EDR, erreurs de type « sharing violation » dans les journaux Revit, traces Process Monitor montrant l'antivirus sur les fichiers au moment de l'enregistrement.

Exclure, oui, mais avec méthode

Une exclusion trop large crée une faille. Définissez avec votre éditeur de sécurité des exclusions ciblées (chemins des modèles centraux, processus Revit.exe), documentées et réévaluées régulièrement.

Désactiver la protection d'un poste ou d'un NAS pour accélérer Revit n'est pas une optimisation acceptable.

Fichiers locaux Revit : vérifiez où ils sont vraiment enregistrés

Par défaut, Revit crée les copies locales dans le dossier Documents de l'utilisateur. Or ce dossier est souvent redirigé vers un serveur par GPO, ou synchronisé avec OneDrive (Known Folder Move). Résultat : un poste équipé d'un SSD NVMe peut travailler sur une copie locale qui transite en réalité par le réseau ou par un client de synchronisation.

Points à contrôler :

  • L'emplacement réel des fichiers locaux (Options > Emplacements des fichiers > chemin par défaut des fichiers utilisateur).
  • L'absence de redirection ou de synchronisation cloud sur ce dossier.
  • L'espace libre et l'emplacement du dossier temporaire.
  • L'intervention éventuelle d'un antivirus ou d'un client de sauvegarde sur ces fichiers.

Le test qui tranche : sur une copie de diagnostic, sans toucher au modèle central de production, placez les fichiers de travail dans un dossier local non synchronisé du SSD (par exemple C:\RevitLocal). Un écart net de temps d'ouverture ou de synchronisation désigne les profils, la redirection ou la synchronisation comme cause.

Archicad et BIMcloud : une architecture à part

Pour Archicad, il faut distinguer le stockage documentaire de la collaboration Teamwork via BIMcloud. BIMcloud est une application serveur avec ses propres composants (BIMcloud Manager, BIMcloud Server, Delta Cache), pas un simple partage SMB. Un NAS performant pour des DWG ou des archives n'est donc pas automatiquement un bon serveur BIMcloud.

Recommandations mémoire de Graphisoft selon la taille de l'agence :

Taille de l'agenceUtilisateurs actifsRAM recommandée
Petite2 à 516 Go ou plus
Moyenne5 à 2532 Go ou plus
Grande25 et plus64 Go ou plus

Graphisoft recommande du matériel dédié. Pour le composant BIMcloud Server, l'éditeur exige au moins 100 Go d'espace libre au-delà des données de projets hébergées et souligne que la vitesse du stockage est déterminante. Il propose aussi un calcul plus fin de la RAM : 2 Go plus 1,5 fois la taille des projets utilisés simultanément, sachant qu'un projet actif occupe environ 4,5 fois la taille de son fichier PLN.

Quand BIMcloud ralentit, mesurez les ressources du serveur BIMcloud lui-même (RAM, CPU, latence disque) et précisez le périmètre : tous les utilisateurs, un seul projet ou seulement les collaborateurs distants ? Un serveur sous-dimensionné restera lent même après un passage en 10 GbE.

SMB : vérifier sans affaiblir la sécurité

SMB (Server Message Block) est le protocole des partages de fichiers Windows. Sa version et ses options de sécurité influencent directement les échanges avec un NAS.

Contrôler le dialecte négocié

Depuis un poste connecté au partage, dans PowerShell :

Get-SmbConnection | Select-Object ServerName, ShareName, Dialect, NumOpens
Dialecte affichéInterprétation
3.1.1Optimal (Windows 10, Windows Server 2016 et ultérieurs)
3.0 / 3.0.2Acceptable ; vérifier les mises à jour du NAS
2.0.2 / 2.1À investiguer : NAS ancien ou configuration restrictive
1.5 (SMB1)À proscrire : protocole obsolète et dangereux

Windows 11 24H2 : la signature SMB devient obligatoire

Depuis Windows 11 24H2, la signature SMB est exigée par défaut pour toutes les connexions sortantes. Auparavant, Windows ne l'imposait que pour les partages SYSVOL et NETLOGON des contrôleurs de domaine. Microsoft recommande d'activer la signature côté NAS plutôt que de la désactiver sur les postes.

Conséquence pratique : après la migration des postes vers 24H2, le NAS doit signer chaque échange, ce qui sollicite son processeur. Si les lenteurs sont apparues après cette mise à jour, la piste est sérieuse. La bonne réponse est un firmware à jour ou un NAS plus capable, pas la désactivation de la protection.

Chiffrement et SMB Multichannel

Le chiffrement SMB protège la confidentialité des échanges mais sollicite davantage le processeur du serveur. SMB Multichannel peut exploiter plusieurs liaisons réseau en parallèle si le client et le serveur le prennent en charge ; il n'accélère toutefois pas un stockage limité par ses disques.

Un bon diagnostic SMB vérifie les mécanismes réellement utilisés ; il ne désactive pas les protections pour gagner quelques pourcents.

Tâches en arrière-plan : le coupable qu'on oublie

Un NAS d'agence fait rarement que du partage de fichiers : sauvegardes, snapshots, réplication vers un second site, synchronisation cloud, indexation, vérification d'intégrité des données (data scrubbing), analyses antivirus, reconstruction RAID. Ces tâches sont utiles, mais elles entrent en concurrence avec les accès des collaborateurs, surtout sur des HDD.

Scénario illustratif : une agence de 14 personnes

Scénario fictif, construit sur une configuration plausible pour illustrer la méthode. Les chiffres sont indicatifs.

L'agence dispose de stations récentes, d'un NAS à huit HDD en RAID 6 et d'un réseau Gigabit. Chaque matin entre 9 h et 10 h, l'ouverture d'une maquette de référence prend environ 3 minutes, contre moins d'une minute l'après-midi.

Les mesures relevées pendant le symptôme montrent :

  • des disques du NAS proches de 100 % d'activité, avec une latence d'écriture élevée ;
  • une liaison réseau loin de la saturation ;
  • des postes sans saturation processeur ni mémoire ;
  • une sauvegarde avec vérification d'intégrité qui démarre chaque jour à 8 h 45.

La tâche est déplacée en soirée, en conservant une sauvegarde quotidienne. Mesurée après correction, l'ouverture de la même maquette prend environ 55 secondes le matin. Coût de la correction : zéro franc, et une preuve chiffrée de la cause.

L'intérêt d'un diagnostic n'est pas de deviner la cause, mais de démontrer quel composant limite réellement le travail.

Boîte à outils : les instruments du diagnostic

OutilCe qu'il mesureCe qu'il ne prouve pas
iperf3Débit TCP entre deux machinesLes performances du NAS ou de SMB
Moniteur de ressources Synology / QNAPCPU, RAM, réseau, activité et latence des disquesLa cause applicative
Get-SmbConnectionDialecte SMB négocié (voir section 8)La performance réelle des partages
Process MonitorOpérations sur les fichiers, verrouillages, processus tiersUne conclusion sans analyse
Journaux RevitSéquence et durée des opérations RevitL'état du réseau ou du NAS
Moniteur de ressources WindowsCharge du poste pendant le symptômeL'état du stockage partagé

iperf3 : isoler le réseau

Sur une machine de test placée côté serveur :

iperf3 -s

Depuis un poste de travail :

iperf3 -c 192.168.1.10 -t 30

En 1 GbE, un résultat autour de 940 Mbit/s indique une liaison saine. Nettement moins : câblage, négociation de vitesse ou commutateur à vérifier. Si le NAS ne peut pas exécuter iperf3, utilisez une machine dédiée branchée sur le même commutateur.

Process Monitor

Cet outil Sysinternals de Microsoft s'utilise filtré sur Revit.exe et sur le chemin du modèle central. Il permet de repérer :

  • les chemins réellement utilisés ;
  • les accès répétés aux mêmes fichiers ;
  • les verrouillages (SHARING VIOLATION) ;
  • les processus tiers qui interviennent (antivirus, sauvegarde) ;
  • les opérations anormalement longues.

Les traces peuvent contenir des données sensibles et grossir très vite : la collecte doit être courte et ciblée.

Journaux Revit

%LOCALAPPDATA%\Autodesk\Revit\Autodesk Revit 2025\Journals

Remplacez 2025 par votre version. Comparez les journaux de deux postes, ou de deux ouvertures du même projet, pour identifier l'étape qui ralentit.

Ne pas confondre les mesures

  • Un bon résultat iperf3 ne prouve pas que le NAS est rapide.
  • Un processeur à 20 % n'exclut pas qu'un seul cœur soit saturé : de nombreuses opérations Revit sont monothread.
  • Un disque à 100 % d'activité ne prouve pas, à lui seul, qu'il faut le remplacer.

Seules des mesures croisées, prises pendant le symptôme, permettent un diagnostic fiable.

Notre méthode de diagnostic en 8 étapes

  1. Définir les symptômes. Quelles opérations sont lentes (ouverture, enregistrement, synchronisation, navigation, accès distant) ? Pour qui ? À quelle heure ?
  2. Mesurer l'état initial. Chronométrer des opérations représentatives, sur plusieurs postes et projets.
  3. Observer les postes. Processeur, RAM, disques, antivirus, compléments Revit, emplacement des fichiers locaux.
  4. Mesurer le réseau. Vitesses négociées, erreurs d'interface, débit iperf3, latence, saturation des liaisons.
  5. Examiner le NAS. Processeur, RAM, IOPS, latences, état des volumes, tâches concurrentes.
  6. Vérifier les workflows applicatifs. Prise en charge du partage Revit, dimensionnement BIMcloud, dialecte et signature SMB.
  7. Tester les hypothèses. Sur des copies de diagnostic, en modifiant un seul paramètre à la fois, sans risque pour la production.
  8. Livrer un rapport décisionnel. Mesures avant/après, causes démontrées, corrections prioritaires et investissements réellement nécessaires, lisibles par la direction.

Un rapport qui conclut « votre NAS est ancien, il faut le remplacer » sans données de performance n'est pas un diagnostic.

Illustration d’un spécialiste IT et d’une coordinatrice BIM comparant les mesures du stockage à une maquette.
Illustration éditoriale générée par IA, sans représentation d’un cas client ou de mesures réelles.

Combien coûtent les lenteurs à votre agence ?

Prenons une agence fictive de 12 collaborateurs qui perdent chacun 15 minutes par jour en attentes informatiques évitables, sur 20 jours travaillés :

12 × 15 min × 20 jours = 60 heures par mois.

À un coût horaire complet illustratif de CHF 75, cela représente CHF 4'500 de capacité de travail immobilisée par mois, soit environ CHF 54'000 par an.

Ce n'est pas une perte nette : une partie de l'attente est réutilisée, et tout le temps récupéré ne devient pas du chiffre d'affaires. Mais l'ordre de grandeur suffit pour arbitrer un investissement.

Avant de signer un devis de CHF 15'000

Si le stockage est réellement saturé, renouveler le NAS, les disques et une partie du réseau peut se justifier. Si la cause est un antivirus, une sauvegarde mal planifiée, une maquette mal structurée ou un VPN, le nouveau matériel ne résoudra rien.

Avant de remplacer votre infrastructure, mesurez ce qui ralentit réellement votre agence.

Demander un diagnostic de performances à Sunitech

NAS, serveur Windows ou collaboration cloud : quelle architecture choisir ?

Le bon choix dépend d'abord du mode de collaboration.

SolutionUsage principalPoint d'attention
NAS professionnelDocuments, archives, fichiers partagésCompatibilité SMB, IOPS, signature SMB
Serveur de fichiers WindowsPartage de projet Revit basé sur des fichiers, en réseau localAdministration, mises à jour, sauvegarde
Revit ServerCollaboration Revit entre plusieurs sitesArchitecture et exploitation spécifiques
Revit Cloud WorksharingÉquipes distantes, collaboration entre entreprisesAbonnement, connexion Internet, gestion des accès
BIMcloudCollaboration Teamwork ArchicadMatériel dédié, RAM, stockage rapide
Architecture hybrideCombinaison de plusieurs usagesComplexité et dépendances

Le NAS reste un excellent investissement lorsqu'il répond à un usage clairement identifié : documents, archives, données de production compatibles. Ce n'est pas un serveur universel capable de remplacer toutes les solutions de collaboration BIM.

Checklist : 20 contrôles avant de remplacer votre NAS

Stockage et matériel

Réseau et SMB

Revit et Archicad

Exploitation et continuité

FAQ : NAS, Revit, Archicad et performances

Pourquoi mon NAS Synology ou QNAP est-il lent ?

Les causes fréquentes sont des disques saturés (surtout des HDD en RAID 5 ou 6 face à des écritures aléatoires), des sauvegardes concurrentes, un processeur sollicité par la signature ou le chiffrement SMB et une liaison réseau saturée. Mesurez le processeur, la latence disque et le réseau pendant le ralentissement.

Peut-on héberger un modèle central Revit sur un NAS ?

Oui, si le NAS émule correctement les protocoles réseau Windows et SMB. Autodesk conçoit Revit pour Windows et renvoie la responsabilité des incompatibilités au fabricant du stockage. En cas de problème, comparez avec un serveur de fichiers Windows.

Peut-on travailler sur un modèle central Revit via VPN ?

Non. Autodesk considère le partage de projet basé sur des fichiers via VPN comme un workflow non pris en charge, avec un risque de corruption du modèle central. Utilisez Revit Server, Revit Cloud Worksharing ou le bureau à distance vers une station au bureau.

Le 10 GbE accélère-t-il Revit ?

Seulement si le réseau est le goulot d'étranglement. Il ne corrige ni un stockage à forte latence, ni un antivirus, ni une maquette mal structurée.

Les SSD sont-ils indispensables pour un bureau d'architectes ?

Pas pour tout. Ils apportent un gain majeur sur les projets actifs grâce à leur faible latence et à leurs IOPS élevées ; les archives peuvent rester sur des HDD.

L'antivirus peut-il ralentir Revit ?

Oui. Autodesk documente des verrouillages et des échecs de synchronisation, et recommande de vérifier les fichiers .rvt, .rws, .dat et .slog. Les exclusions doivent rester ciblées et validées par votre responsable sécurité.

Pourquoi mon NAS est-il plus lent depuis Windows 11 24H2 ?

Windows 11 24H2 exige la signature SMB par défaut sur toutes les connexions sortantes. Un NAS au processeur modeste ou au firmware ancien peut en souffrir : mettez-le à jour plutôt que de désactiver la signature.

Pourquoi la copie d'un gros fichier est-elle rapide alors que Revit est lent ?

La copie mesure surtout le débit séquentiel. Revit enchaîne de nombreuses opérations sensibles à la latence et dépend aussi du processeur du poste.

Faut-il activer le cache SSD du NAS ?

Pas automatiquement. Il aide sur des lectures répétitives, beaucoup moins sur d'autres profils, et un cache en écriture doit être redondant. Mesurez avant et après activation.

BIMcloud peut-il tourner sur un NAS ?

Graphisoft recommande du matériel dédié, dimensionné selon le nombre d'utilisateurs actifs (16, 32 ou 64 Go de RAM et plus). Un NAS généraliste n'est pas une plateforme adaptée par défaut.

Quels outils utiliser pour diagnostiquer les lenteurs ?

iperf3, le moniteur de ressources du NAS, Get-SmbConnection, Process Monitor, les journaux Revit et le Moniteur de ressources Windows, utilisés ensemble et pendant le symptôme.

Comment Sunitech accompagne les bureaux d'architectes

Chez Sunitech, nous accompagnons les PME de Genève, Lausanne, Vaud et de toute la Suisse romande dans la gestion, la sécurisation et l'évolution de leur informatique. Pour les bureaux d'architectes, nous intervenons sur l'ensemble de la chaîne :

  • Diagnostic de performances : postes, réseau, NAS, SMB, antivirus et workflows Revit ou Archicad, avec un rapport chiffré avant/après.
  • Architecture et dimensionnement : stockage, serveur de fichiers Windows, Revit Server, BIMcloud, architectures hybrides.
  • Sauvegarde et continuité : stratégie de sauvegarde, tests de restauration, protection contre les ransomwares.
  • Infogérance : supervision, mises à jour et maintenance des équipements.

Lorsqu'un problème relève de la modélisation (familles Revit, structure des projets Archicad), nous travaillons avec votre BIM manager : une configuration informatique et une maquette mal optimisée ne se corrigent pas de la même manière.

Vos architectes attendent devant Revit ou Archicad ? Contacter Sunitech

Conclusion : votre NAS n'est peut-être pas en panne, mais il vous coûte déjà

Un NAS peut afficher un état parfaitement normal tout en freinant toute une équipe. Des disques en bonne santé ne garantissent pas des temps de réponse suffisants, une liaison 10 GbE ne règle pas un problème de latence, et un serveur neuf ne compense ni un antivirus mal configuré ni un workflow de collaboration non pris en charge.

Les performances d'un bureau d'architectes dépendent de la cohérence entre postes, réseau, stockage, logiciels et méthodes de travail.

Avant de remplacer votre NAS, demandez à votre prestataire de vous montrer ce qui ralentit réellement vos collaborateurs. Pas une hypothèse, pas un argument commercial : des mesures.

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